Enna Chaton


Chaque fois qu’on se lève on regarde les objets qu’on a acheté la veille







  Chaque fois qu’on se lève on regarde les objets qu’on a acheté la veille, épisode 3, 2002 (photogrammes)
© Enna Chaton


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Œuvre débutée lors de la résidence de l’artiste à Orthez pendant l’été 2002. Présentée pour la première fois sous un version in progress à l’occasion des rencontres photographiques Ce que nous voyons comme si nous le voyions.


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Enna Chaton
Regarder, écouter, au départ sans trop comprendre, se sentant un peu loin de tout cela et puis, arrivent la rythmique des images, les courbes des objets, les couleurs aussi… et la voix. Une voix qui semble connue. Dès lors, on cherche, on recherche l'histoire racontée, on scrute ces lieux, on tente de recomposer le puzzle, puis soudain ça y est, on se souvient. On voyage, bercé par ces dires, leurs histoires, nos histoires.

Alors, cette drôle de sensation de pénétrer chez les autres, ce sentiment subtilement paradoxal qui nous faisait avoir honte —  sans pouvoir  faire autrement que de regarder — paraît désormais bien loin. Il est même erroné car ce que l'on voit reste ce que l'on a envie de voir. Et cette vie proposée à l'écran pourrait être la nôtre puisque nous avons tous peur, nous avons tous un chemin qui menait à l'école, nous étudions tous la décoration de notre maison, nous avons une collection de fétiches et des objets oubliés. Nous sommes tous aussi tombés amoureux d'un regard, d'un parfum…

Bribes de vie, morceaux d'existence, se reconnaître dans les contes des autres, les croire vrais, imaginer la vie dans ces maisons, la vie de ces objets, une étagère, un fauteuil, une photo, des figurines et des plantes, tous parlent et reflètent une personnalité ou des traits de caractère familiers.

Toute la subtilité du travail d'Enna Chaton est là, créer de l'abstrait à partir du concret, couper, coller, mélanger et malaxer pour recréer. Toutes les origines s'oublient pour ne plus laisser place qu'à une histoire. La sienne ? La vôtre ? La nôtre ? Celle-là. Car c'est bien cela que nous propose ce troisième épisode. Une histoire de vies, une histoire de lieux, une appropriation d'objets, de mémoires dans lesquels on se projette, on s'interroge, on se substitue, car en fin de compte si ce n'est pas pour cela, alors pourquoi Chaque fois qu'on se lève on regarde les objets qu'on a acheté la veille ?


— Émilie Flory
Orthez, juillet 2002

Rencontres photographiques
Ce que nous voyons comme si nous le voyions, Orthez (différents lieux de la ville)
du 12 octobre au 2 novembre 2002

Commissariat : Émilie Flory


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