Antoine Caclin


Constant Struggle - Jouer en partitions d’actions




   Antoine Caclin, I hate every day, 2024
© l’artiste. Photo : Grégory Valton.



   Antoine Caclin, Réunionite, 2026
© l’artiste. Photo : Grégory Valton.



    Antoine Caclin, Confettis, 2026
© l’artiste. Photo : Grégory Valton.


Ce texte accompagne l’édition réalisée à l’occasion de l’exposition des lauréat.es du prix des arts visuels de la ville de Nantes.
 Constant Struggle du 4 juillet au 6 septembre 2026 à L’Atelier, Nantes.


Voir aussi 
Constant Struggle

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Antoine Caclin

Antoine Caclin
a la gourmandise de l’altérité,
Il convoque fantaisie sans burlesque,
S’émeut du temps qui décolore,
Associe gravité et gobelets,
Trace des carrés sur les vitres,
Carbonne, fédère et offre des pas de côté,
Porte des oranges comme bleu de travail,
A l’art de faire choir et celui du café,
Lutte et détourne les afflictions avec légèreté.




Je suis entrée dans le travail d'Antoine par affinités. Humour, action, politique. Il me plaît de voir combien le déplacement traverse son œuvre. Déplacement de son corps d’abord, de ses mots, de sa voix lorsqu’il active ses pièces. Celui des objets du quotidien ensuite, émancipés du ready-made duchampien par ajouts subtils : jour de la semaine gravé, information textuelle apposée, échelle requalifiée, découpe amusée… Les objets prélevés sont porteurs, par essence, de leur géographie. Ils créent un univers au premier regard, ne sont pas décontextualisables, conservent la présence évanouie des êtres.
Un déplacement nouveau émerge avec les œuvres récentes. Toujours associé au monde du travail, l’objet sculptural n’est plus extrait, ni appropriation du réel. Il perd son usage. J’aime que l’artiste ne pense pas la sculpture comme statique. Là où ses œuvres jouaient de discrétion — jusqu’à permettre que l’on passe quelquefois à côté — les nouvelles pièces s’affirment. L’objet produit à sa taille exacte garde une inquiétante familiarité. La sculpture comme sosie du réel. Se pose alors la possibilité du décor, de l’imprégnation pour les corps.



Pointer, ne pas juger, porter en creux une pensée, une vérité de société. Luttes constantes. C’est le point de convergence des enjeux que le travail d’Antoine porte, et ce que j’ai souhaité mettre en avant pour Constant Struggle. L’art ne se fabrique pas en dehors du monde, il est en contact permanent avec lui.

Envisager le commun. Jouer en partition d’actions.

— Émilie Flory
Nice, mai 2026


    Antoine Caclin, Abri, 2022 © l’artiste.
Photo : Grégory Valton (détail)

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