Hélène Delépine
Constant Struggle - Être aux choses

Hélène Delépine, Contreordre, système modulable réalisé avec l’Atelier Chuuut, 2026. Accueille des œuvres des ensembles Ce qui reste, Temple d’Authion (pavillons), L’éphémère et l’éternel (la pierre) © l’artiste
Photo : Grégory Valton.

Hélène Delépine, Sans titre (pérégrinations), depuis 2016 (détail) © l’artiste. Photo : Grégory Valton.
Ce texte accompagne l’édition réalisée à l’occasion de l’exposition des lauréat.es du prix des arts visuels de la ville de Nantes.
Constant Struggle du 4 juillet au 6 septembre 2026 à L’Atelier, Nantes.
Voir aussi
Constant Struggle
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Hélène Delépine
Hélène Delépine a le rire normand,
Elle choisit ses terres comme les peintres leurs couleurs,
Investit les invisibles et connaît l'eau magique
Tronque les arcades,
Sculpte, dessine, collecte les lignes de crête,
Possède un pull ciel qui moire les images,
Permet à des céramiques de carillonner,
Modèle, accorde, rassemble,
Reste attentive aux luttes et ne galvaude pas les mots.
Je suis entrée dans le travail d'Hélène par la personnification. Il m'a fallu un temps pour qu’aux côtés de la joie que son œuvre éveille, me cueille un souffle de tragique. Ses œuvres portent une poésie de collecte, une tendresse de choix, le trait, la redécouverte — objet, détail, bribe, trouée. Des formes perdues de vue dans une effervescence urbaine, jugées inutiles, architecturalement relégables. Certaines émanent d’une friche, d’une ruine en devenir, d’autres d’une émotion sur un sentier abandonné. Il garde les vestiges de gestes humains tandis que la faune et la forêt reprennent le terrain ; avec ce que cela convoque de dystopique. Évocation de la disparition, philosophie de la perte.
Il y a la vie avec et la vie contre, constante lutte.
Il me plaît de sentir les mains de l’artiste face à ses œuvres. Le travail d’Hélène est de ceux-là. Elle compose, associe des pièces existantes pour en faire naître de nouvelles. C’est là que je vois une communauté, des personnalités. Les plus petits1 entravent les géants. Taxinomie disruptive, procession surréaliste.
Pour Constant Struggle, Hélène confirme les dialogues entre dessin et volume. Mural, céramiques et composition lumineuse2 ouvrent de nouveaux imaginaires.
Être aux choses. Garder le cœur ouvert.
— Émilie Flory
Nice, mai 2026
Céramiques, terre cuite, modelage et assemblage à partir de faîtages, PAR LED, DMX, 2026
Sculptures réalisées avec le soutien du Ministère de la Culture et DRAC Nouvelle-Aquitaine, en partenariat avec Au beau MilLieu - tiers-lieu, Tegulys - artisan tuilier, centre d’art contemporain de Meymac dans le cadre du dispositif de résidence
Art et Mondes du travail, 2024