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Lumières de Roland Barthes


Lumières noires et chambre claire

Dove Allouche, Robert Barry, Christian Boltanski, David Coste, Hamish Fulton, Pierre Keller, Laurent Kropf, Barbara et Michael Leisgen, Claude Lévêque, Urs Lüthi, Robert Mapplethorpe, Vincent Meessen, Duane Michals, Pierre Molinier, Pierre et Gilles, Didier Vermeiren, Ulla von Brandenburg



Expositions
21 mai > 12 septembre 2015  — Centre d’art contemporain image/imatge, Orthez
L’écrivain en vacances : sur la plage et My Last Life, 21 mai – 29 août 2015 —  Frac Aquitaine, Bordeaux 

Lumières de Roland Barthes au centre d’art image/imatge et au Frac Aquitaine est une invitation à découvrir, à travers l’art contemporain et la collection du Frac Aquitaine, la postérité théorique et esthétique d’un des penseurs les plus importants du XXe siècle.

Programmation artistique : Claire Jacquet et Émilie Flory
Commissariats : Magali Nachtergael

















Roland Barthes entretenait un rapport privilégié avec l’Aquitaine où il se rendait régulièrement en vacances, à Urt au Pays basque. C’est à cette période que Barthes lisait, s’adonnait à un quotidien rythmé par l’écriture, mais aussi par la pratique du dessin, de la peinture. Il écrivit là, sous ce qu’il appelait « la grande lumière du Sud- Ouest », une partie de La Chambre claire, hommage à sa mère disparue. Pendant ces « vacances de l’écrivain », la fabrique de la pensée continue, prend une autre forme, inspirée par les activités et les paysages d’été, au premier chef, la plage. Lieu d’évasion et de loisir, la plage apparaît dans la biographie de Barthes comme le lieu de retrouvailles en famille, « sans familialisme ». Mais elle est aussi un espace qui rend visible le corps de l’écrivain rappelant à quel point la dimension physique et charnelle de la création est essentielle chez Barthes.


Au centre d’art image/imatge se déploie le volet le plus personnel des expositions Lumières de Roland Barthes. Intitulé Lunettes noires et chambre claire en référence à un des Fragments d’un discours amoureux (1977) et à La Chambre claire (1980), la sélection d’œuvres de la collection du Frac Aquitaine met en scène le retour vers la maison familiale, chaque été, mais aussi vers les lieux de l’enfance et des souvenirs. Visible de l’extérieur, l’œuvre Forgerie de Vincent Meessen cite Barthes et invite le spectateur à considérer que « Tout ceci doit être considéré comme dit par un personnage de roman » (Roland Barthes par Roland Barthes, 1975). En clair-obscur, jouant sur l’ombre et la lumière, vie intime et vie publique, l’espace est divisé en deux parties. L’œuvre de Claude Lévêque, Le Cerveau, invite à entrer l’intimité de la création, des souvenirs et de la rêverie et fait un clin d’œil au dessin de Barthes, Le Cerveau, visible simultanément au Frac Aquitaine.
L’entrée de l’exposition se fait du côté de la vie publique avec l’œuvre de Robert Barry, Returning, une autobiographie elliptique en texte et image par un autre « R. B. ». Cette face claire est ponctuée de promenades vespérales, lectures, repas de famille et remémorations de souvenirs communs, avec ses taches aveugles : les œuvres de Christian Boltanski, Dove Allouche, David Coste, Hamish Fulton et Laurent Kropf plantent un décor connu d’où surgissent les liens singuliers qu’un sujet peut entretenir avec sa propre histoire, ses lieux familiers et avec certains vides dans l’existence.

De l’autre côté, la face obscure fait pénétrer le spectateur dans une vie intime et fantasmée, hautement fictionnelle, celle de la rêverie et du désir homoérotique chez Barthes. Les lunettes noires sont celles que l’amoureux porte pour cacher ses émotions, c’est donc dans cette semi-obscurité que se situent les oeuvres de Robert Mapplethorpe, représentant de l’underground gay new-yorkais que Barthes avait déclaré son photographe préféré, les académies de Duane Michals, les portraits de Pierre Molinier ou Pierre & Gilles ou encore les gigolos de Pierre Keller. Cette face obscure de la vie intime se ferme avec le tableau vivant d’Ulla von Brandenburg, Reiter (cavalier). À la jonction de ces espaces tournants, un double autoportrait d’Urs Lüthi et les écritures de lumière illisibles des Leisgen marquent l’impossibilité de saisir un être sous un jour complet.

— Magali Nachtergael

Ces expositions sont présentées dans le cadre du Centenaire de la naissance de Roland Barthes — en Aquitaine, un programme culturel pluridisciplinaire organisé par plusieurs opérateurs du territoire.


Sites des artistes
David Coste
Hamish Fulton
Laurent Kropf
Claude Lévêque
Urs Lüthi





  Vues de l’exposition : © Nino Laisné. 
  Détails ci-dessus de gauche à droite : Portraits d’espaces © David Coste — Forgerie © Vincent Meessen
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