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Clément Dupont
Exposition
11 > 25 avril 2026 — Mspace galerie, Paris
Vernissage en présence de l’artiste, vendredi 10 avril à partir de 18 heures
Commissariat : Émilie Flory
Pour regarder le travail de Clément Dupont depuis presque dix ans, je vois qu’il glisse élégamment depuis son inclinaison pour la peinture — porteuse du poids de son Histoire — vers ce mélange peu conventionnel du vocable du design graphique. Une fusion en va-et-vient subtils, qui lui permet aussi l’intégration dans son œuvre de l’atelier et de ses atours, comme de la typographie et son usage communiquant.
Je distingue dans les nouvelles peintures sa loyale balance entre les motifs réconfortants de son medium, l’arrivée tardive de l’autoportrait — avec ce que ce sujet trimbale de complexité — et les scènes de genre, comme la récente série des chiens. Je vois aussi comment les tensions l’animent.
(...)
Depuis peu — et c’est une réjouissance — Clément Dupont s’autorise à montrer ses gestes. Jusqu’alors il était attaché, en effet, à l’invisibilité de sa touche. La peinture à l’huile dans ce qu’elle embrasse de photographique et, j’ose ajouter, de digital. Dans ses dernières toiles, l’artiste ricoche. Essuyer son pinceau devient acte d’art et plus uniquement geste d’atelier. Dès lors, il le fait sur la toile qui sera support de la peinture suivante. Se mettent alors à l’œuvre une continuité et une dissonance dans la perception des palettes. Et cet amas, collection de matières brutes colorées, se pose au premier plan et structure. La palette devient sujet au même titre que les autres motifs. (...)
Je regarde alors les toiles de Clément Dupont, et à l’égal du pangramme*, je pense à l’iroha-uta, ce poème qui utilise chaque syllabaire japonais : le blanc du fond n’est jamais vraiment silencieux, il reste chargé de tout ce qui a été et de tout ce qui va advenir. Peut-être est-ce pour cela que certaines toiles, comme certains poèmes, nous retiennent si longtemps. Ils ne se contentent pas de montrer, ils résument. Ils sont à la fois outil, geste et ce qui reste — une syllabe, un trait, un mot, une touche de couleur, une absence, un souffle continu entre le vide et le plein.
Je regarde les œuvres de Clément Dupont.
Je me tais.
Quatre minutes trente-trois.**
— Émilie Flory (extraits)
Manosque, avril 2026
* Un pangramme est une phrase courte contenant toutes les lettres de l’alphabet.
** Sourire et clin d’œil amusé à l’œuvre musicale de John Cage, 4’33’’ composée en 1952.
Mspace
55, Rue du Mont-Cenis
75018 Paris
Contact : Tao Zuo
Tél. +33 (0)6 51 37 94 65
mspaceparis@gmail.com
Ouvert du mardi au samedi de 11 à 19 heures.
Un ensemble de multiples (affiches et t-shirt) réalisé à partir de gravure sur bois seront disponibles en nombre limité pendant la durée de l’exposition.
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Site de l’artiste
Clément Dupont

Clément Dupont, Sans titre, 2026 © l’artiste.