Coplas Populares — ¡ Adentro !

Nino Laisné



Exposition
13 février > 2 mai 2015  — Centre d’art contemporain image/imatge, Orthez

Programmation artistique : Émilie Flory
Commissariat : Émilie Flory & Nino Laisné















Nino Laisné développe depuis plusieurs années un univers singulier dans lequel l’image a une place privilégiée. Que ce soit dans ses photographies ou dans ses réalisations filmées, l’artiste ne se cantonne pas à un langage. Ses œuvres, construites avec minutie, sont l’endroit où la latence et le temps de la contemplation prennent tout leur sens.
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Empreintes d’étrangeté ses œuvres prennent corps et se déploient en dialogue avec d’autres medium comme le cinéma et la musique mais aussi à travers des éléments historiques et sociologiques, l’art, les traditions populaires, la mode, le cabaret et l’opéra. Ce sont ces va-et-vient, plus ou moins visibles, mais également l’importance de la culture hispanophone qui font des recherches artistiques de Nino Laisné un ensemble riche et délicieusement inclassable.
Musicien et cinéphile, l’artiste constitue donc son univers plastique avec les vocables du septième art et du spectacle, créé des dialogues avec le son plutôt qu’avec le verbe. Os convidados (2010) en est l’exemple : une image fixe, illuminée, sur caisson ; de laquelle émane le chant de cet homme de couleur debout, magnifique face à une tablée perplexe et solennelle. C’est la première fois avec cette œuvre que Nino Laisné escamote les frontières. Pas seulement photographie, pas tout à fait installation et pas encore film, Os convidados  cristallise ce glissement d’un genre à l’autre, d’une réalité plébéienne à la fiction. Elle annonce les projets futurs qui désormais joueront de cette interpénétration comme Folk Songs (2014) ou Marisol/Mariluz (2015).

Le film En présence (piedad silenciosa) de 2013, est également un palier dans son travail. On y retrouve une certaine lenteur dans laquelle grandi un double trouble ; le premier éminemment manifeste est la voix androgyne du premier personnage, le second est la sexualité équivoque de l’autre. Le chant de cet homme vient ébranler cette femme dont l’ambiguïté évidente réside dans ce qu’elle a d’impalpable. (...)

Dans l’installation vidéo Esas lágrimas son pocas (2015), l’artiste s’inspire d’une mode des années 1960 répandue dans les pays hispanophones et qui voit des enfants devenir les nouvelles icônes. Ce fut le cas de Quetcy Alma, baptisée La Lloroncita (la petite pleureuse), dont le succès résidait dans son incroyable capacité à pleurer sur commande. Dans la lignée de cette tradition, Nino Laisné propose à trois enfants, issus de l’immigration, de choisir et d’interpréter deux chansons traditionnelles de leur pays d’origine. La première chanson est filmée spontanément lors du casting alors que la seconde est mise en scène. Enveloppés dans une lumière proche du Technicolor, les enfants sont maquillés et habillés avec des vêtements d’une autre époque. Ils deviennent dès lors les représentants d’une culture traditionnelle qu’ils connaissent peu. Le dispositif en miroir — chaque enfant fait face à son double et l’écoute chanter — renforce l’artificialité des sentiments joués et ressentis.

Les perpétuelles recherches d’iconographies, de textes, de musiques et de personnages oubliés sont une constante dans le travail de l’artiste. Ce corpus documentaire fait surgir des figures que l’on retrouve frontalement ou de façon suggérée dans plusieurs de ses œuvres. 
(...)

— Émilie Flory, extraits

Exposition réalisée par le centre d'art image/imatge en partenariat avec Chambre 415.,l’Atelier d’Estienne, centre d’art contemporain de Pont-Scorff (Morbihan) et la Casa Argentina de Paris.


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Site de l’artiste
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   Vues de l’exposition : © Nino Laisné

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